Incivilités, nuisances, vols, cambriolages, agressions, rixes, violences, trafics…
Dans son bilan, le maire de Bussy-Saint-Georges aligne les chiffres sur la sécurité : caméras doublées, délits en baisse, résultats présentés comme probants.
Mais dès que l’on confronte ces statistiques aux faits observables et aux données disponibles, le tableau se brouille : indicateurs partiels, lectures biaisées, chiffres parfois habilement arrangés.
Comme toujours, cet article vise à dépasser la communication officielle pour établir un diagnostic rigoureux de la situation réelle, sources vérifiables à l’appui.
Notre diagnostic global de la sécurité à Bussy-Saint-Georges
Notre analyse met en évidence sept constats majeurs, qui dessinent une situation bien plus préoccupante que ne le laisse entendre le discours officiel :
- Une ville engagée dans une forte croissance démographique dans les années à venir, sans que la politique de sécurité n’évolue à la hauteur des enjeux. Pire, l’orientation vers la mutualisation de la police municipale vers une police pluricommunale avec les communes voisines risque d’éloigner encore davantage le service de sécurité du quotidien des habitants, au détriment de la proximité et de la réactivité.
- Un réseau de caméras de vidéoprotection insuffisant, nettement en deçà de celui déployé dans les autres villes nouvelles comparables du territoire, malgré une communication municipale mettant en avant des chiffres flatteurs mais tronqués.
- Une police municipale majoritairement en posture réactive, intervenant après les faits, et insuffisamment mobilisée sur la prévention, la dissuasion et la présence visible sur le terrain.
- Une tolérance excessive vis-à-vis des incivilités du quotidien, qui banalise les nuisances, alimente le sentiment d’abandon et crée un climat propice à des dérives plus graves.
- L’absence d’un pilotage stratégique clair : pas d’objectifs précis et mesurables, peu d’indicateurs réellement suivis dans le temps, et un manque de dialogue structuré et transparent avec les habitants sur les priorités de sécurité.
- Une sous-utilisation manifeste du dispositif Voisins Vigilants, pourtant reconnu comme un levier efficace de prévention et de cohésion locale lorsqu’il est correctement animé et intégré à une stratégie globale.
Ces constats ne relèvent ni de l’idéologie ni de l’exagération : ils résultent d’un examen attentif des dispositifs existants, des données disponibles et de leur mise en perspective. L’enjeu n’est pas de polémiquer, mais de poser les bases d’un débat sérieux sur la sécurité réelle à Bussy-Saint-Georges, loin des effets d’annonce et des bilans d’auto-satisfaction.
Vidéoprotection & caméras de sécurité : des chiffres flous voire tronqués qui cachent un relâchement inadmissible de l’investissement
Reliées au Centre de Supervision Urbaine (CSU) de Bussy-Saint-Georges, les caméras de vidéoprotection offrent une surveillance en temps réel et en haute définition. Mais leur véritable valeur ne réside pas dans la technologie elle-même : elle se mesure à leur capacité à déclencher une action immédiate et efficace sur le terrain. Sans intervention rapide de la police municipale, la caméra ne reste qu’un œil passif.
Les inspections du ministère de l’Intérieur (IGA, IGPN, IGGN) sont claires sur ce point : la vidéoprotection constitue une aide opérationnelle « indiscutable » pour les interpellations et les enquêtes. Elles rappellent toutefois une réalité essentielle trop souvent passée sous silence : son efficacité dépend directement de la densité du réseau, de la qualité des équipements et surtout de la rigueur de l’organisation et des procédures d’intervention et coordination entre services. La vidéoprotection de voie urbaine permet de réduire le niveau de délinquance et a un effet préventif significatif (Source : https://www.vie-publique.fr/rapport/30778-lefficacite-de-la-videoprotection?)
Combien de caméras ont été installées sur le mandat du maire ? Combien il y a-t-il de caméras à Bussy-Saint-Georges en 2025 ?
- Sur le site Internet de la ville, le nombre de caméras est passé de 36 à 52 entre 2017 et 2020. Le Maire annonce son objectif pour son mandat 2020-2025 : 10 caméras par an jusqu’en 2024 donc 40 caméras supplémentaires pour le mandat (source : https://www.bussysaintgeorges.fr/securite/videoprotection/). L’objectif du mandat était donc d’atteindre 92 caméras au total.
- D’après le BussyMag d’octobre/novembre 2025, le nombre de caméras est passé de 36 à 100 en 2024. On suppose que les chiffres couvrent la période 2017-2024, car on était censé en avoir déjà 52 début 2020 !! Donc sur le mandat 2020-2025, on était supposé être passé de 52 caméras à 100 caméras à Bussy-Saint-Georges (source : https://www.bussysaintgeorges.fr/wp-content/uploads/2025/09/Bussy-Mag-N%C2%B0236.pdf). Ce chiffre est confirmé par le site de campagne du maire qui annoncé 100 caméras en 2025 avec un doublement du nombre de caméras sur son mandat (https://www.vivrebussy.fr/bilan)
Quelle est la vérité ??
Interrogé en Conseil municipal, le maire finit par reconnaître une réalité très éloignée de sa communication : fin 2024, Bussy-Saint-Georges ne compte que 55 caméras. Il annonce alors, in extremis, l’installation en 2025 de 14 caméras “à 4 vues”. Pourquoi à la dernière minute ? Pourquoi des caméras à 4 vues ? Pour cacher un vrai relâchement de la politique de sécurité à Bussy. En réalité, on sera passé de 52 caméras en 2020 à 69 caméras fin 2025, donc 17 caméras supplémentaires en 5 ans, bien loin de l’objectif de 40 caméras supplémentaires !!!
Alors comment le maire arrive-t-il à 100 ? En jouant sur les mots : 14 caméras × 4 vues = 56 “vues”, assimilées abusivement à des caméras, que l’on additionne aux 55 existantes fin 2024. Résultat affiché : 100.
Des vues deviennent des caméras, les caméras deviennent des chiffres, et le tour est joué. Un tour de passe-passe statistique destiné à brouiller la lecture et à espérer que personne ne regarde de trop près.
Mais la comparaison avec les communes voisines est sans appel. Pour une ville de 26 000 à 27 000 habitants, l’équipement de Bussy-Saint-Georges est très en retrait :
- Bailly-Romainvilliers a 42 caméras pour une ville quatre fois plus petite
- Magny-le-Hongre 47 caméras et Serris 56 caméras pour des villes trois fois plus petites.
- Montévrain 45 pour une ville deux fois plus petite.
La conclusion s’impose d’elle-même : Bussy-Saint-Georges est nettement en retard, bien moins équipée que les villes nouvelles voisines. Derrière l’affichage de chiffres spectaculaires, la réalité est celle d’un sous-équipement persistant et d’une communication qui préfère l’embrouille au diagnostic honnête.

L’autre grand point faible de Bussy-Saint-Georges : pas de Police Nationale
Sur le territoire de Marne et Gondoire, trois pôles sécurité coexistent : Lagny-sur-Marne, Bussy-Saint-Georges et Montévrain. Sur le papier, l’équilibre institutionnel semble respecté. Dans les faits, il ne l’est pas.
Lagny-sur-Marne bénéficie d’un commissariat et de la BAC. Montévrain s’appuie sur Chessy, où est implantée la Police nationale. Bussy-Saint-Georges, en revanche, se situe en bout de chaîne. Aucun commissariat, aucune antenne de Police nationale, aucune présence de proximité. Un angle mort sécuritaire au cœur d’un territoire pourtant dense, dynamique et en forte croissance démographique.
Le résultat est un dispositif déséquilibré, fragile, structurellement bancal. En cas d’urgence, les renforts de la Police nationale doivent arriver de Lagny ou de Chessy. Cela signifie des délais supplémentaires. Or, en matière de sécurité, le temps n’est jamais neutre. Il peut faire la différence entre un incident maîtrisé et un drame.
Les faits récents l’ont illustré de manière brutale. Lors de rixes violentes devant la Police municipale de Bussy-Saint-Georges en décembre 2025, les agents étaient confinés à l’intérieur du bâtiment tandis que la situation dégénérait à l’extérieur, dans l’attente de renforts nationaux. Ce jour-là, il n’y a pas eu de blessé. Deux jours plus tard, une nouvelle rixe éclatait : trois blessés, dont un en urgence absolue. À ce stade, il ne s’agissait plus d’un concours de circonstances, mais d’un signal d’alarme.
Dans ce contexte, la création d’un poste de Police nationale à Bussy-Saint-Georges n’est ni un luxe ni une revendication symbolique. C’est une nécessité opérationnelle. Il en existait encore un, il y a quelques années, à Ferrières-en-Brie. La question n’est donc pas celle de la faisabilité, mais celle de la volonté politique et de la lucidité territoriale.
Continuer à considérer Bussy-Saint-Georges comme une périphérie sécuritaire, alors qu’elle est devenue un pôle urbain majeur, revient à accepter un risque que rien ne justifie. La sécurité publique exige une présence, une proximité et une capacité d’intervention immédiate. Aujourd’hui, à Bussy-Saint-Georges, ces conditions ne sont pas réunies.
Une police municipale qui devient pluri-communale… sans que les habitants n’aient leur mot à dire
Le 4 juillet 2025 une convention a été signée entre les communes de Jossigny, Ferrières-en-Brie, Saint Thibault des Vignes, Guermantes, Bussy Saint-Martin et Bussy-Saint-Georges. Le principe : une police pluri-communale, avec les policiers municipaux de Bussy appelés à patrouiller sur l’ensemble de ces communes, à raison de deux patrouilles quotidiennes. Le 19 décembre, Collégien a rejoint le dispositif.
Sur le papier, la convention prévoit la mutualisation des moyens matériels et le recrutement de 4 nouveaux agents. Les premières patrouilles opérationnelles sont annoncées pour début 2026.
Mais une question centrale demeure : ces moyens sont-ils à la hauteur des besoins réels ? Aujourd’hui, pour 26 300 habitants, Bussy-Saint-Georges dispose de 18 agents et chefs de brigade, répartis en unités de jour, de nuit et pédestres, appuyés par 4 motocyclistes, 2 maîtres-chiens, 10 ASVP (agents de sécurité de la voie publique), 4 agents administratifs et 8 opérateurs de vidéoprotection. Demain, avec la mutualisation, seulement 4 agents supplémentaires devront contribuer à la sécurité d’un périmètre élargi représentant 16000 à 17000 habitants supplémentaires.
Le calcul est simple : plus de territoire, plus d’habitants, plus de missions… pour des renforts très limités. Le risque est évident : une dilution des effectifs, une présence amoindrie à Bussy-Saint-Georges, et in fine une protection affaiblie pour les Buxangeorgiens.
Soyons clairs : la mutualisation n’est pas en soi un problème. Mais elle devient inacceptable dès lors qu’elle se fait au détriment des habitants de la commune pivot.
Et surtout, un point ne peut être ignoré : à aucun moment les habitants n’ont été consultés. Une décision structurante pour la sécurité du quotidien, prise sans débat public, sans transparence, sans consentement.
Des résultats plus mitigés que ceux mis en avant par le maire
À en croire le bilan du maire, la sécurité serait son grand succès. Dans le BussyMag d’octobre/novembre 2025, il déroule des chiffres spectaculaires censés clore le débat : Moins 50 % de vols de véhicules entre 2022 et 2024, moins 18 % de cambriolages.
Nous avons voulu confronter ce beau bilan avec la réalité des chiffres publics du site du Ministère de l’intérieur en utilisant le SSMSI (Statistique Publique de la Sécurité Intérieure). Ce site (https://ssmsi.shinyapps.io/donneesterritoriales/) permet de visualiser commune par commune les statistiques de la sécurité. De façon générale, les chiffres de la sécurité après s’être améliorés entre 2018 et 2021 sont plutôt repartis à la hausse à Bussy-Saint-Georges. Autrement dit, la dynamique récente observée dans les chiffres publics ne confirme pas le récit d’une amélioration durable et continue.
La réalité statistique apparaît bien plus nuancée, et nettement moins favorable, que celle mise en avant dans la communication municipale.

Oui, le nombre de cambriolages recule mais encore faut-il regarder d’où l’on part.
En 2022, Bussy-Saint-Georges a connu une explosion des cambriolages, faisant mécaniquement apparaître une baisse les années suivantes. La décrue existe, mais elle s’inscrit dans un mouvement général observé dans l’ensemble des agglomérations de Seine-et-Marne, rien de spécifique à Bussy.

Surtout, malgré cette baisse relative, le niveau de cambriolages reste nettement supérieur à la moyenne départementale. Autrement dit, la ville ne rattrape pas son retard : elle corrige à la marge une situation fortement dégradée. Présenter cette évolution comme un succès isolé relève donc davantage de la mise en scène statistique que d’une amélioration structurelle de la sécurité. Aucune mise en perspective dans le temps et aucune comparaison avec les communes de même type dans la région, cela fausse les résultats.
Sur les vols de véhicules, oui, la baisse entre 2023 et 2024 est réelle. Mais là encore, le contexte change tout. L’année 2023 a été marquée par un niveau exceptionnellement élevé de vols à Bussy-Saint-Georges. La baisse observée ensuite correspond avant tout à un retour vers un niveau plus habituel, non à une amélioration structurelle de la situation.

Présenter cette évolution comme un succès majeur, sans rappeler le pic anormal de l’année précédente, fausse la lecture.
Comme trop souvent, le maire isole les chiffres qui l’arrangent, au lieu d’analyser leur trajectoire réelle. Or, en matière de sécurité, ce n’est pas un instantané qui compte, mais la tendance de fond.
Prochainement, nos solutions pour l’avenir
Très rapidement, nous allons aller à votre rencontre pour vous présenter comment nous souhaitons redresser la situation.


